L’évolution des relations internationales en 2022  

L’année 2022 a été marquée par la continuité des grands problèmes qui n’ont pas trouvé d’issues. Les conflits gelés sont toujours en statu quo, la pandémie a continué de ravager les vies humaines et a fait l’objet de l’une des stratégies les plus immorales de l’histoire humaine, car la géopolitique du vaccin a été basée sur le mensonge et l’angoisse continue de la population mondiale.

Dans le cadre de la guerre hybride l’intelligence artificielle n’a pas suffi aux stratèges, il a fallu mener des guerres de désinformation pour leurrer l’opinion publique internationale. La course aux armements est de retour. Cette fois-ci, elle n’est pas entre deux blocs, mais dans un cadre multipolaire. La Russie fait ouvertement l’éloge de son missile « AVANGARD »[1], pour mieux appuyer sa dissuasion nucléaire. 

Pourtant, il n’y a pas que la guerre en Ukraine et il n’y a pas que les réfugiés ukrainiens qui sont des humains. Les guerres intestines en Afrique font des morts sans trouver bon entendeur. Les africains considérés citoyens du monde de deuxième catégorie continuent de fuir leurs pays et périr dans les déserts ou les mers. De même pour les populations asiatiques non acceptées dans plusieurs frontières européennes.

 Le stress hydrique, les inondations et la famine sont devenus des menaces permanentes de la stabilité des relations internationales. Néanmoins, notre intervention dans les relations internationales ciblera deux faits liés à la menace nucléaire iranienne et l’offensive américaine puis le football comme élément d’unité des Etats du Sud.

L’Iran privé du rêve perse

Au Moyen-Orient, l’Iran continue d’attirer l’attention des puissances. Elle se défend à tort, en gagnant les délais, sans montrer une intention réelle d’arrêter l’enrichissement de l’uranium. Afin d’arrêter la fabrication d’une bombe nucléaire, il semble que le scénario d’une intervention militaire israélo-américaine est devenu inévitable. Israël l’a souvent exprimé ouvertement et les Etats Unis d’Amérique ont signalé la possibilité du choix militaire via leur diplomate chargé du dossier iranien Robert MALLEY. On ne veut pas avoir une autre Corée du Nord au Moyen-Orient.

L’Irak longtemps stable pendant le règne de Saddam Hussein, ne veut plus se stabiliser à cause des guerres fratricides entre courants islamiques ayant des alliances au niveau régional et international. La raison ne veut pas l’emporter sur les bains de sang. Dans ce pays, l’Iran a son mot à dire pour ne pas dire que rien ne pourrait passer sans l’approbation des perses. 

Constituant une ligne de défense face à l’expansionnisme chiite, le Royaume d’Arabie Saoudite, soutenue par plusieurs Etats arabes essaie d’arrêter l’influence iranienne et mène une guerre sans merci face aux bastions pro-iraniens au Yémen. Mais le royaume d’Arabie se sent lâché par certains de ses alliés occidentaux et certains Etats arabes qui ont choisi l’opposition telle que la Syrie et l’Algérie[2]

Les locataires républicains de la maison blanche des Etats Unis d’Amérique ont été plus compréhensifs que les démocrates qui ont donné plus de chance à l’Iran à travers les négociations nucléaires. L’Arabie qui a un lien stratégique avec les américains depuis le début du XIXème siècle, a refusé d’augmenter en deux millions la production du pétrole. Habitué à faire des marchés en pétrodollar, l’Arabie a inclut dans ses échanges commerciaux la monnaie souveraine chinoise. Ceci constitue une participation à la diplomatie de dédollarisation[3] et l’Arabie a demandé à être membre du BRICS.  

 Les Etats Unis d’Amérique en offensive

Un courant occidental défend le fait que la guerre en Ukraine est primordiale pour les Etats Unis d’Amérique qui veulent garder la main mise sur l’Europe et empêcher la montée en force d’une puissance dans le « Heartland[4] ». Car, selon le politologue américain Zbigniew BRZEZINSKI[5], ancien conseiller à la sécurité nationale, aucune puissance eurasienne ne doit dominer cette zone pour faire face et contester le leadership américain, appelé à maîtriser le grand échiquier que représente cette zone déterminante pour l’avenir du monde. Donc c’est ce que la Russie essaie de faire ? Face à l’opération déclenchée par la Russie, les américains et les européens qui suivent leur stratégie, continuent de constituer le premier soutien logistique de l’Ukraine. La guerre d’usure pourrait devenir onéreuse pour les deux antagonistes. Mais jusqu’à quand ? 

 Les analystes anti américains, qui se basent sur des chiffres récents de commerce, véhiculent l’idée que les américains sont gagnants dans cette guerre du moment qu’ils ont augmenté leur exportation d’armements en vendant aux Etats européens et ont exporté deux fois la quantité de gaz. Cette énergie d’origine schiste, longtemps condamnée par la communauté internationale, commence à remplacer peu à peu le gaz liquéfié russe. Mais les russes ont trouvé un marché florissant et de proximité en la matière avec la Chine.

Les américains ont par conséquent encouragé l’Allemagne à se réarmer et à augmenter son budget militaire. Ceci va se répercuter sur l’équilibre européen et touchera particulièrement la France habituée à combler le déficit militaire du vieux continent. De même en Extrême -Orient, le Japon est autorisé à se réarmer à l’instar de l’Allemagne. Aussi, les ventes d’armes au profit de Taiwan, de la Corée du Sud et du Japon ont aussi augmenté pour encercler l’Empire du Milieu. 

 Le football unificateur des Etats du Sud

Le football comme facteur de puissance géopolitique et diplomatique d’un Etat a été mis en examen en 2022 à Doha. La coupe du monde de football a montré bien qu’il existe dans le monde deux courants de pensées distincts. Au nom de certains principes de la démocratie, non acceptés par la majorité écrasante de la population mondiale, certains occidentaux ont mené une guerre de désinformation contre le Qatar pays organisateur et ont défendu officiellement et ouvertement les associations des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres (LGBT).

Néanmoins, l’équipe nationale du Royaume du Maroc a honoré pour la première fois les arabes, les africains, les juifs marocains, les musulmans et les pays du Sud par sa glorieuse participation. On pourrait dire que ce qui a été réalisé par l’équipe des lions de l’Atlas est beaucoup plus important que le sommet arabe organisé au début novembre 2022 en Algérie. Les populations algériennes, loin de toutes les mauvaises passes politiques ont applaudi et encouragé l’équipe marocaine. Israéliens et palestiniens ont fait de même ! 

La victoire marocaine au football est universelle. Elle est considérée comme un évènement important dans les relations internationales. Contrairement aux associations (LGBT), les valeurs véhiculées via les liens familiaux que l’Occident a rayé de la liste des biens hérités des grands-parents, les joueurs marocains ont montré au monde entier leurs intérêts à leurs mamans, à l’esprit de la famille et à leur appartenance à des valeurs humaines anciennes. Ils ont permis aux jeunes du monde entier de rêver d’un avenir meilleur, d’aimer leur prochain à travers le sport et d’ajouter à leur liste un pays du Sud éveillé et « sans complexe ». L’équipe marocaine a été applaudie par presque toute la planète. Le président américain et plusieurs présidents africains ont arrêté leur sommet , pour voir les MAROCAINS.  


[1]   Grace a sa vitesse hypersonique ce missile pourrait toucher n’importe quelle cible dans la planète à une dizaine de milliers de kilomètres en un demi-heure. Soit 27 fois la vitesse du son ou 33 000 kilomètres par heure, sans qu’il soit arrêté dans sa trajectoire par un missile antiaérien.

[2] Même contre Israël ces deux Etats avaient des positions différentes du reste du monde arabe. Ils sont responsables de la non pacification du Moyen-Orient, à l’instar des autres régimes sous le règne des colonels panarabes de Jamal ABDENNASSER et Mouammar KADDAFI. Ils ont tous choisi les armes, mais n’ont jamais gagné de guerre. La question palestinienne n’était qu’un moyen de se monter plus panarabe. Dans la réalité, ces régimes militaires dépourvus de toute légalité démocratique, ont engagé leur budget colossal dans le vide. Au lieu d’investir dans le développement, ils ont choisi les armes.

[3] Si auparavant, il existait une diplomatie de dollars, j’ai choisi de créer la diplomatie de dédollarisation, qui a été créée par la Russie une fois qu’elle a annexée la Crimée en 2014, pour échapper aux sanctions occidentales. Par la suite, les chinois, les pakistanais et d’autres Etats ont choisi d’utiliser leur monnaie locale ou de reconnaitre la monnaie de leurs alliés économiques sans passer par le dollar ou l’Euro. En enseignant une classe de Master à la faculté de droit et de sciences économiques de l’Université Mohamed V, j’ai introduit cette terminologie pour citer les différents types de diplomatie qui existent en plus de celle reconnue traditionnelle ou classique.

[4]    Selon Sir Halford John MACKINDER, le monde est divisé en trois zones distinctes : 

-Le « Heartland » c’est la région du monde constituée de l’Europe de l’Est et de la Russie. Car selon plusieurs géopolitologues et politologues occidentaux cette partie de l’Eurasie constitue le pivot du monde et celui qui la détient maitrise le monde. Cette partie de l’Eurasie constitue le pivot du monde.   

-Par contre le « Rimland » (ou « croissant intérieur »), est une zone composée de l’Europe de l’Ouest, du Moyen-Orient, et de l’Extrême-Orient. 

-En troisième lieu, on trouve la partie du monde appelée «    The    Off-Shore    Continents » sinon    (le    « croissant extérieur »)    ou  le  reste    du    monde,    composé    de l’Australie, des Amériques du Sud et du Nord et de l’Afrique.

[5]  Conseiller à la maison blanche, l’auteur a farouchement défendu sa théorie dans un ouvrage intitulé « Le grand échiquier » publié en anglais en 1997 puis paru en mars 2011 en France sur l’édition Hachette pluriel.