2-Le couple diplomatique-militaire au sein de la représentation  

 Au sein des représentations diplomatiques, l’outil militaire et l’outil diplomatique ont une association chacun, dirigé par un doyen[1] soit des ambassadeurs soit des attachés de défense[2] , qui coordonne les réunions entre les différents représentants diplomatique ou militaires dans le pays d’accréditation. Chaque pays d’accréditation donne à l’attaché de défense un « Vade-mecum [3]» qu’il doit respecter au cours de son séjour. Leurs réunions et leurs rencontres lors des fêtes au sein des ambassades permet l’échange d’informations importantes en multilatéral et bilatéral. Les informations sensibles sur un Etat considéré objectif pourraient être acquises, lors des échanges avec un représentant qui a déjà exercé   dans ce pays. Le représentant diplomatique ou militaire pourrait ainsi partager avec son administration de tutelle des informations sur un pays où il est difficile pour le résident diplomatique de les avoir à cause de la surveillance étroite effectué par le pays d’accréditation sur les diplomates. Souvent lors des réceptions diplomatiques, sont invités l’ambassadeur et l’attaché de défense qui se réunissent plus tard pour partager les informations recueillies au cours des rencontres de salon.    

Avec le développement des technologies militaires, de la montée des tensions et des projections des forces cette niche anticipe plusieurs difficultés, qui ne peuvent être résolus que par des créations de postes d’attachés de défense, des échanges de responsables de défense et de sécurité, afin de faire face aux différents crimes transfrontaliers et de lutte contre le terrorisme. Les échanges de retour d’expérience concernent aussi des exercices et des entrainements des forces au niveau interarmes et interarmées, et des professeurs ou des instructeurs capables de partager le savoir stratégique et technologique, avec d’autres armées considérées amies.

L’attaché de défense est au service de la coopération bilatérale au sein d’une représentation diplomatique. Il n’exerce jamais dans un consulat[4]. Il est appelé attaché de défense, attaché militaire tout court, ou attaché militaire, naval et de l’air. C’est un haut fonctionnaire de circonstance de l’armée, représentant de son Chef d’état-major et de catégorie officier supérieur souvent colonel au minimum. Principalement responsable des thématiques de coopération en matière de défense et il est généralement considéré conseiller militaire, au sein d’une ambassade. Selon les moyens dont dispose son pays, l’attaché militaire a des collaborateurs qui l’assistent dans sa mission. Le personnel d’un attaché de défense peut être constitué d’officiers supérieurs, qui présente chaque composante des forces.

 L’attaché de défense pourrait avoir sous ses ordres un attaché militaire des forces terrestres, un autre de la marine et un troisième qui est responsable de l’air et de l’espace[5]. Par contre certains pays pourraient n’avoir qu’une personne qui représente les trois composantes avec des collaborateurs sous-officiers et des fois un adjoint pour l’assister si la relation militaire[6] est très importante. Pour une meilleure couverture des pays certains Etats ont choisi de renforcer leur présence militaire par des attachés de défense non- résidants. C’est à dire un responsable militaire habite une capitale et présente d’autres pays où il ne se rend que de temps à autres.  Parfois aussi le poste d’attaché militaire est ouvert dans une ambassade pour suivre l’importation des armes acquises auprès du pays d’accueil ou lors de la projection d’une force de maintien de la paix. Néanmoins, il demeure le représentant militaire de son Etat-major au sein du pays d’accréditation et représente aussi la diplomatie de défense qui est un instrument obligatoire de la stratégie d’influence.

Le diplomate militaire pourrait être amené à recevoir des élèves officiers ou des officiers élèves des différentes composantes déplacées dans le cadre des échanges entre les différentes écoles de formations de base ou dans le cadre de l’enseignement militaire supérieur (un moyen très utile d’échanges entre les écoles de guerre ou les collèges de hautes études de stratégie et de défense). Il pourrait aussi accueillir une aide militaire selon les besoins du pays d’accueil ou faciliter l’arrivée ou le départ d’un contingent de son pays, désigné pour la participation à un exercice ou à une formation de circonstance.

Parallèlement, on pourrait citer Hervé COUTAU-BEGARIE qui voit qu’avec le nouvel ordre international que : « Le mieux est de s’en tenir à la conception classique : la stratégie raisonne en termes de puissance alors que la diplomatie raisonne en termes d’influence… »[7]   les Etats du monde contemporain comptent beaucoup sur la complémentarité du « couple soldat-diplomate ». Car, même l’homme en uniforme, instruit, préparé et bien présenté pourrait être aussi un acteur incontournable de l’influence politique. Souvent, les pays du Sud Global ou occidentaux qui n’ont pas d’intérêts stratégiques dans une région du monde, se heurtent aux difficultés budgétaires en vue de créer des postes d’attachés de défense au sein de leur représentation diplomatique. Ce qui fait que le nombre des attachés de défense est plus élevé dans les capitales des puissances mondiales comme Washington, Paris, Londres, Pékin et Moscou. Par contre dans certaines capitales africaines, les attachés militaires ne sont pas nombreux.[8] En plus, par manque de moyens financiers ou d’intérêt stratégique et géopolitique, certains Etats, qui n’ont pas de représentation militaire au sein d’une mission diplomatique, se font représenter par l’attaché de sécurité (service de renseignement) ou politique de leur ambassade afin de suivre la situation dans un pays en tension. 

La réussite des missions diplomatiques dépend de la coopération étroite entre l’outil militaire et diplomatique, qui sont indissociables. Car, chacun à ses propres sources et réseaux pour mener à bien l’objectif stratégique du pays. La richesse d’informations collectées des deux côtés peut être synthétisée en vue de rendre la décision du gouvernement sûre et facile. Avec abnégation et sens du devoir, l’ambassadeur et l’attaché de défense, sont appelés à remplir exemplairement leurs missions , qui présentent des enjeux stratégiques pour leur pays. Par leur discrétion et conduite irréprochable, ils font tous deux, parties des soldats de l’ombre sur lesquels compte beaucoup leur patrie.

Avec esprit d’équipe et solidarité, selon la qualité de participation des uns et des autres, le rendement pourrait être à l’origine du succès national. Une représentation diplomatique dont chaque élément est voué valeureusement à ses tâches, pourrait gagner le pari diplomatique pour lequel elle a été sélectionnée et créée. La relation entre le diplomate traditionnel et le diplomate en uniforme dépend du milieu où la mission est exercée. Souvent l’influence militaire au sein de la bureaucratie vient du fait que le pays d’accréditation est concerné par un conflit ou une tension quelconque, sinon lorsque le pays est dirigé par une oligarchie militaire. Donc, les informations présentées pour la prise de décision sont souvent d’ordre sécuritaire et militaire. Compte tenu de la situation très volatile, l’attaché de défense pourrait participer à la sécurité de l’ambassadeur en l’informant rapidement sur la dégradation sécuritaire du pays pour fermer temporairement l’ambassade et renforcer sa sécurité. Sinon mettre à jour un plan d’évacuation des diplomates et des ressortissants nationaux, établis dans le territoire en conflit. Le plus souvent c’est à l’attaché de défense qui doit fournir le maximum d’avis dans ce domaine et influencer la décision de toute la hiérarchie du pays. Cela n’empêche que l’ambassadeur pourrait être informé de l’extérieur via son réseau diplomatique et le vérifier avec l’homme à l’uniforme.

Les familles du binôme diplomatique-militaire doivent être sensibilisées le maximum. Les enfants doivent être mâtures et petits ambassadeurs de leurs pays. De même les femmes du duo doivent avoir un certain niveau de compréhension des milieux et des rouages de la diplomatie. Aux Etats Unis d’Amérique et dans d’autres pays comme l’Egypte la formation n’est pas limitée aux femmes de diplomates. Même les femmes des représentants militaires sont sensibilisées sur les thématiques sécuritaires et interculturelles, afin d’éviter tout approche malveillante des services parallèles adverses ou choc culturel.  

Au niveau multilatéral, dans certains pays où on trouve une mission des Nations Unies, les attachés de défense et les ambassadeurs sont briefés sur la situation sécuritaire une fois par semaine. C’est le cas de la MONUSCO en République Démocratique du Congo. Dans ce type de réunions, sont présents, en plus du corps diplomatique et de l’Etat-major de la mission, plusieurs représentants civils, d’agences onusiennes qui possèdent une richesse d’informations qu’on ne trouve ni chez les militaires, ni chez les diplomates. Car, le plus souvent, ils sont en contact direct avec les populations et les localités lointaines touchées par la violence. Ceci nécessite la lecture de leurs rapports pour compléter l’information partagée par le gouvernement, les médias et la mission onusienne. En respect de l’éthique, du moral, de la déontologie propre à leur profession, le duo ambassadeur et attaché de défense doit être en mesure de développer leur courtoisie, sa relationnel avec son entourage de travail interne et externe. Aussi améliorer sa culture générale (histoire, géographie, droit international, géopolitique, stratégie …), afin de mieux comprendre les spécificités du pays d’accueil.

Au niveau bilatéral, l’histoire retient jusqu’à présent les accords de Sykes-Picot signé en mai 1916 portant le nom de deux diplomates signataires, des empires coloniaux britannique et français. Cet exemple   de coopération, montre bien la participation d’un duo diplomatique-militaire à l’entente suite à la concurrence de deux puissances coloniales sur le partage de l’héritage de l’empire Ottoman.  Il s’agit du Consul Français François Georges- Picot[9] et du Le lieutenant-colonel Anglais Mark Sykes[10]. Ces accords ont permis à la France et la Grande-Bretagne de partager de larges territoires riches en minerais et en en énergie et constituant un nœud stratégique des passages et des routes commerciales, habités par une mosaïque de populations avec différentes races et croyances religieuses.

Aussi plusieurs ambassadeurs, par leur retour d’expérience en matière stratégique, ont été au départ des militaires avant d’embrasser la carrière diplomatique. C’est pour les français :  le Général Bertrand de LAUBESPIN affecté en Afrique du Sud, le général Jean-Louis GEORGELI qui a exercé à l’ONU. On retient pour les américains tels que le Général David PETRAEUS désigné pendant la guerre d’Irak et le conseiller du président américain John Bolton qui a été militaire avant de devenir diplomate. Le Royaume du Maroc qui a l’une des diplomaties les plus séculaires dans le monde a désigné par le passé plusieurs hauts gradés tel que l’ambassadeur Abdellah BENAÏCHA ou Ben Aïcha, auparavant corsaire et amiral qui représentait le Sultan Moulay Ismail auprès de la Cour de Louis XIV, ou bien le Général Abdeslam SEFRIOUI fantassin de carrière désigné pour représenter le Maroc aux Pays Bas jusqu’à février 1980. Jusqu’à nos jours plusieurs hauts gradés sont désignés des chefs de mission diplomatique.   

Qui plus,  au niveau de la coopération entre deux pays, l’attaché de défense comme l’ambassadeur sont contraints à participer à la gestion d’une crise humanitaire ou d’une catastrophe naturelle ou accidentelle, suite à la demande du pays d’accueil aux autorités nationales . Ce type d’intervention leur permet de comprendre les mutations sociales et les relations réelles entre l’armée et les populations civiles. En 2013, suite aux explosions de dépôts de munitions, dans la ville de Brazzaville, les autorités marocaines ont dépêché en urgence, une flotte de six avions de transport Hercule C130, contenant un hôpital de campagne niveau II, qui a pu soigner tous les blessés civils et militaires touchés par cette catastrophe accidentelle[11].   

Parallèlement, dans un souci d’harmonisation les deux responsables du duo, doivent avoir des valeurs humaines, qui sont des qualités obligatoires, afin de mieux réussir leurs communications. Ce sont les vertus qui les orientent pour mieux faciliter la relation avec les autres humains ou collègues. Elles facilitent le contact à partir d’un humanisme développé.  Elles sont à l’origine de l’existence d’une dynamique, qui mène à la paix et à l’entente. Elles procurent des sentiments positifs fondés sur l’essence humaine de l’autre. Grâce à  ces valeurs que sont développées les relations avec les autres, le travail en coopération, le dialogue ensemble et la résolution des litiges ou des crises entre Etats. C’est avec la possession de cet éthique professionnelle, qu’il devient réellement possible de mettre en pratique des valeurs morales, telles que la justice et le refus de la violence. En développant ces acquis cosmopolites et exemplaires que la représentation diplomatique gagne du terrain et encourage le vivre ensemble en harmonie. La diplomatie militaire ou civile doit toujours prendre en considération une démarche d’influence sur les amis et en même temps sur les adversaires, afin de mieux anticiper les surprises de l’avenir.

 En fait le duo doit être en mesure d’acquérir   des outils d’analyse et de synthèse de pays, maitriser plusieurs langues y compris locales afin de s’adapter aux différents milieux et environnements.  En travaillant leur personne continuellement, ils pourraient éviter des malentendus ou des chocs culturels et pourraient encore plus maitriser le pouvoir du verbe et acquérir un savoir diplomatique, caractérisé par la vigilance et l’anticipation, la persuasion et l’efficacité dans la négociation ou le traitement des dossiers sensibles.

3-Autres raisons d’être de l’action diplomatique-militaire

Passant de la diplomatie canonnière [12]à caractère coercitive, usant de la puissance pour pousser un Etat à se plier aux conditions demandées, la diplomatie militaire a été engagée en force, spécialement pendant la période   bipolaire afin de devenir un outil nécessaire de l’influence extérieure de l’État, en bilatéral et en multilatéral, particulièrement au sein d’une coalition ou une organisation de défense. Le général de Gaulle a dit concernant la politique étrangère de la France :[13] « La diplomatie l’exprime, notre armée la soutient ». Avec les fissures géopolitiques que connait le monde actuel, les organisations internationales ont augmenté en nombre. Outre l’ONU, au sein d’autres organisations continentales ou régionales on trouve des conseillers militaires qui se réunissent, pour appliquer les résolutions votées par l’appareil politique. Parfois ces institutions choisissent la solution militaire comme dernier recours après les discussions diplomatiques, afin de maintenir ou restaurer la paix. Par la même occasion, les gouvernements accordent une place importante aux questions de sécurité devenues leurs premières préoccupations, dont l’extrême violence. En tant que conseiller militaire au sein d’une organisation internationale ou régionale, telle que l’ONU, l’OTAN et l’UA ou autres, il est régi par la même réglementation et privilèges


[1] Les doyens et vice- doyens sont proposés par l’association des attachés de défense et désignés par note écrite du ministère de la défense. Il est pris en considération lors du choix la date d’agrément qui est la plus ancienne dans le pays d’accréditation. La même condition concerne l’agrément et la désignation du doyen des ambassadeurs qui reçoit une note du ministère des affaires étrangères du pays d’accueil. Généralement, lorsque l’ambassadeur est accueilli par le chef de l’Etat, il emmène avec lui son conseiller militaire. 

[2] Le plus souvent c’est le plus ancien diplomate (ambassadeur ou attaché de défense) qui est arrivé le premier à la capitale du pays d’accréditation qui devient doyen desdits diplomates. Il est secondé par un autre diplomate et un trésorier s’il y a lieu d’organiser des activités jugées favorables.

[3] Un petit  manuel contenant un  guide qui cite , selon la  convention de Vienne sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961,  le protocole (reconnaissance d’agrément du pays d’accueil, la préséance, les conditions de déplacement dans le territoire, conduite du diplomate militaire résidant à l’étranger la situation administrative…) les relations avec les forces de défense( langue de travail, organisme compétent pour l’échange des correspondances) , les différentes visites dont peut bénéficier l’autorité militaire étrangère au sein des organismes militaires et un rappel sur la conduite en cas de survol, atterrissage et accostage des aéronefs et navires militaires dans le pays d’accueil avec une fiche de renseignement à actualiser lors du séjour.

[4] L’attaché de défense n’est pas concerné par le travail du consulat. Car cette entité est une représentation qui est gérée par un Consul, sous les ordres de l’ambassadeur. Sa principale mission est de veiller sur la protection et la fourniture des services administratifs pour ses citoyens résidant ou voyageant dans le pays d’accréditation (procurer ou renouveler les passeports, enregistrer les actes d’état civil et accorder des visas aux étrangers, promouvoir les relations culturelles et d’

 encourager le jumelage des villes avec les pays d’accueil…)

[5] Les USA, la France et d’autres puissances ont des attachés de défense assistés par des officiers qui représentent les trois composantes des forces.

[6] L’adjoint est aussi soumis à l’agrément du pays d’accréditation et rend visite accompagnée par son chef au ministère de la défense nationale via le directeur de la coopération militaire.

[7] Page 97, « Traité de stratégie » Hervé COUTAU-BEGARIE, 7°édition revue et augmentée, ECONOMICA, 49, rue Héricart, 75015, Paris.

[8] . Raymond ARON, paix et guerre entre les nations, Paris, Calmann-Lévy, 1962 p 515

[9] Souvent présenté en photo militaire, mais c’est un diplomate et homme politique français né le 21 décembre 1870 à Paris où il est mort le 20 juin 1951. Il est l’un des artisans sur le terrain, qui sont derrière le découpage du Proche-Orient à la fin de la première guerre mondiale. Nommé consul de France à Beyrouth en février 1914.

[10] Sir Mark Sykes est né le 16 mars 1879 et décédé le 16 février 1919, est un militaire, spécialisé dans le Moyen-Orient. C’est aussi un diplomate et député. Il a été Attaché au War Office pour les Affaires du Proche-Orient entre 1915 et 1916 puis assistant du secrétaire au War Office jusqu’en 1919.

[11]  Mission couronnée par un succès de la diplomatie militaire. En tant qu’attaché militaire, Naval et de l’Air, témoin depuis le début, j’ai été introduit dans une cellule de crise qui a été constituée avec les autorités civiles et militaires pour accompagner l’intervention des médecins militaires, depuis le déploiement de l’hôpital militaire ad hoc, jusqu’à la fin. La mission a duré plusieurs mois, car en plus de blessés des milliers de malades civile ont été concernés par des consultations ou des opérations chirurgicales.

[12]  Procédure de contrainte appliquée dans la politique extérieure du XIXe et début XXe siècle par les puissances. Souvent les canonnières s’installaient non loin de côtes pour tirer avec des canons sur les ports oules villes côtières.  Ayant une supériorité navale, ces puissances utilisaient   des canonnières, pour imposer leur volonté à un pays faible, en le bombardant afin de le contraindre à accepter les concessions économiques ou politiques qu’on lui impose. En juillet 1911, l’Allemagne envoya à Agadir (cité marocaine sur l’Atlantique) une canonnière SMS Panther pour contester l’influence française au Maroc. Mais, il y a eu un traité qui a donné droit, à l’Allemagne en échange des territoires coloniaux en Afrique.

[13] Lire revue de la défense nationale sur :  https://www.defnat.com/e-RDN/vue-article-cahier.php?carticle=421&cidcahier=1279